
Les Nations noires africaines sont de tradition orale. La codification de leurs langues, plus de deux mille, a pris du retard avant d'être mise en place après les indépendances.
L'Union africaine, par exemple, en tant qu'organisation continentale, ne reconnaît que le swahili comme langue officielle aux côtés de l'arabe, de l'anglais, du français, du portugais et de l'espagnol.
Le kiswahili (swahili), lui, a été inclus lors du sommet de l'UA en février 2022. C’est une langue qui provient de la rencontre des Arabes avec les populations de la côte est-africaine, notamment les Bantous.
À l'échelle sous-régionale, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) compte désormais 12 pays membres, suite au retrait définitif des trois États de l'Alliance des États du Sahel (AES) : le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Bien que cet espace géographique abrite plus d'un millier de langues locales et des langues transfrontalières majeures telles que l’haoussa, le wolof, le mandingue ou le yoruba, la CEDEAO limite ses langues officielles et de travail à trois langues : l'anglais, le français et le portugais.
Concernant la Mauritanie, qui a quitté la CEDEAO en 2000, les pays membres l’ont souvent cantonnée à sa seule dimension francophone.
C'est incroyable de voir que le colonialisme est dans la tête. Pourtant, la langue arabe est la sixième langue des Nations Unies, ce qui la rend tout aussi importante sur le plan géopolitique.
La dimension francophone, c'est sous ce prisme que de nombreux fils de la Mauritanie la voient. Ils ne voient que cela. C'est plus puissant qu'eux, disons qu'il est ancré dans leur esprit.
Ils ne devraient pas. Lors de sa visite d'État au Maroc, le président français, Francois Hollande, a rappelé devant son illustre hôte, le roi Mohammed VI, que la langue arabe est enseignée en France depuis le XVIe siècle :
‘’Cette francophonie, c'est ainsi que je la conçois, se fait dans le respect et la pratique de la langue arabe. C'est forcément le cas ici mais c'est aussi ce qui doit être fait en France où je rappelle que la langue arabe est enseignée depuis le 16ème siècle. Nous avons vocation à continuer de le faire’’.
La vérité historique ainsi rappelée par le président Hollande fait écho, d'une certaine façon, aux travaux de Sigrid Hunke. Dans son ouvrage magistral, ‘’Le Soleil d'Allah brille sur l'Occident’’, l'historienne démontre qu'alors que l'Europe traversait une période d'obscurantisme, c'est l'apport civilisationnel, scientifique et philosophique du monde arabo-musulman qui lui a ouvert les portes de la modernité et du progrès technique.
Donc, la France continue à enseigner la langue arabe, et de nombreux Mauritaniens continuent à l’ignorer, à l'instar des pays membres de la CEDEAO, en plus de ceux de l'OMVS.
Ely Ould Sneiba
Le 30 octobre 2026



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