L'édification des nations repose-t-elle sur la génétique

 Lorsque des élites politiques et intellectuelles débattent de la génétique et des origines de leurs concitoyens, cela témoigne d'un manque cruel de vision politique et d'une insoutenable incapacité à unir autrement que par l'instinct grégaire.
Hannah Arendt parlant de la propagande affirme que celle des communistes ‘’ menace les gens de rater le train de l’histoire, de rester désespérément en retard de leur époque, de passer une vie inutile ‘’, et d’ajouter que celle du nazisme ‘’ les menace de vivre en désaccord avec les lois éternelles de la nature et de la vie, en détériorant leur sang d’irréparable et mystérieuse façon’’.
Pas du tout, le sang n'a jamais été pris en compte dans la formation des Nations.
Selon François Mitterrand, l'identité française est le résultat d'un métissage de diverses origines : ‘’ Nous sommes français, nos ancêtres les Gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être polonais et, je m'en vais le dire, peut-être bien un peu arabes’’.
Si ce n'était pas ainsi, Sarkozy ne serait jamais le président de la République française, Balladur ne serait jamais premier ministre, et l'équipe de football de France n'aurait jamais accueilli un talent tel que Mbappé, car tous les trois ne sont pas des Français de souche, c’est-à-dire dont l'ascendance ne présente pas d'immigration récente.
Et n'oublions pas que Coppolani était un Corse, tout comme Napoleon.
Dans un passé plus lointain, les Arabes ne se souciaient pas du fait que Saladin était kurde ou que Tarek Bin Zayaed et Youssef bin Tachiffine étaient d'origine berbère, ainsi que le gros lot de leurs armées qui étaient surtout et avant tout des armées musulmanes. 
À cette époque aussi, ce qui comptait, c'était la civilisation arabo-musulmane, sans se préoccuper des aspects ethniques qui étaient considérés comme secondaires.  Ainsi, Samarcande, Cordoue, Boukhara, Marrakech, Bagdad, le Caire… étaient des foyers de culture arabo-musulmane exceptionnels, sans entrer dans les détails.
Alors, l'avenir de la Mauritanie sera-t-il ce que sa jeunesse fera, comme le promettait le père de la Nation, le président Mokhtar, ou bien ce que ses ethnies feront ?
Telle est la question.

Ely Ould Sneiba
Le 25 juillet 2026

سبت, 25/07/2026 - 14:38